Argentine, Chili, Bolivie : récit client d’un voyage sur-mesure
Rencontre avec Christian, voyageur Amplitudes régulier. Après un combiné Vietnam, Cambodge, Thaïlande en 2022 et un périple au Japon en 2024, et avant la Chine cette année, il s’était envolé en solitaire pour un autre grand voyage entre l’Argentine, le Chili et la Bolivie en mars 2025. Retour et avis sur 24 jours d’un combiné sauvage, exclusif et enrichissant.
Quand vous repensez à ce voyage aujourd’hui, quelle est la première image qui vous revient ?

La fin du voyage, marquée par la traversée du Salar d’Uyuni en Bolivie. C’était incroyable. Si je ne devais retenir qu’une seule image, ce serait celle-ci. La période était idéale pour s’y rendre et profiter de l’effet miroir créé par la fine couche d’eau qui recouvre le sel. L’effet provoqué est complètement dingue. On a l’impression très nette, très vive, de se trouver sur une autre planète. Avec le recul, c’est cette sensation que je retiens avant toute autre émotion.
Qu’est-ce qui vous attirait dans cette idée de grand voyage entre l’Argentine, le Chili et la Bolivie ?
J’envisageais à l’origine un voyage au Chili. J’avais d’ailleurs participé à un événement organisé par l’agence Amplitudes à Paris autour de cette destination, ce qui avait fini de me convaincre. Dans mes voyages, je recherche de la variété. Et au fur et à mesure que nous composions cet itinéraire avec Séverine, ma conseillère, je découvrais la richesse de cette partie de l’Amérique du Sud. On se dit souvent : « Je ne suis peut-être pas près d’y retourner ». Ma logique, lors d’un voyage dans une zone précise, est ainsi d’essayer d’en découvrir les facettes les plus originales et emblématiques, quitte à se déplacer régulièrement. L’île de Pâques, par exemple, je n’y pensais absolument pas au départ. Je ne m’y serais jamais rendu exprès depuis Paris, mais puisque le Chili est le pays le plus proche, l’option m’a immédiatement séduit.

Comme je pars sur de longues périodes, généralement environ trois semaines, nous avons constaté qu’avec le rythme que j’affectionne, j’allais avoir fait le tour du Chili susceptible de me correspondre avant la fin du séjour. Nous avions notamment écarté l’option des vignobles du centre du pays. C’est là que Séverine m’a suggéré d’autres étapes transfrontalières qui se sont révélées être de magnifiques surprises. Le Salar en Bolivie, très sincèrement, je ne le connaissais pas. Je dois à l’agence la découverte de ce lieu incroyable.
À rebours, les seules étapes que j’aurais pu désirer écarter sont celles qui demeurent les plus accessibles, mais elles étaient nécessaires pour la logistique. Ushuaia, par exemple, est une ville charmante, mais elle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Quant à Santiago, ce fut une déception. Il fallait transiter par son aéroport pour les connexions aériennes mais j’y ai ressenti un climat d’insécurité pesant, sentiment que partageait tant le personnel de l’hôtel que les chauffeurs de taxi.
Est-ce qu’un échange, une attention ou un détail de préparation vous reste en mémoire de l’avant-départ ?
Les petites attentions de l’agence sont toujours très appréciables. J’ai notamment reçu un colis, composé de produits typiques et de beaux ouvrages, quelques semaines avant mon départ afin de me donner un avant-goût de la culture locale. Ce joli détail m’a permis de m’immerger dans le voyage avant le départ. Je projetais mes futures découvertes à travers des photographies incroyables, tout en savourant un bon verre de Malbec*. C’était aussi une belle occasion de partager avec mes amis un avant-goût de ce qui m’attendait. Avec le recul, on réalise souvent que les photos que l’on prend soi-même finissent par être oubliées dans un coin. Il m’arrive cependant, encore aujourd’hui, de feuilleter ces beaux livres avec une certaine nostalgie.
*Rappel : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Avant de partir, est-ce qu’il y avait une part du voyage qui vous impressionnait ?
Je n’avais pas d’inquiétude particulière. J’avais conscience de la logistique dès le départ et, notamment, des quatorze vols nécessaires au projet. En voyageant seul, on circule assez facilement dans les aéroports, ce qui fluidifie ces instants, mais il est vrai que cela demande une certaine organisation. Il ne faut pas craindre d’être constamment en mouvement. Inhérente à cela, la préparation de la valise demeure le vrai défi ! Comme je passais d’Ushuaia sous zéro degré maximum à des journées arides dans les vallées de San Pedro de Atacama, mon bagage devait tout contenir, mais ces variations sont aussi ce qui rend l’expérience si formidable.

Ce circuit croisait trois pays avec des ambiances très différentes. Comment avez-vous vécu cette traversée, de l’Argentine au Chili puis à la Bolivie ?
L’acclimatation après chaque vol se faisait assez naturellement. Le programme, riche en découvertes, permettant de s’adapter à vitesse grand V aux contrastes culturels comme géographiques.


Bien que voisins, l’Argentine, le Chili et la Bolivie affichent des identités marquées, distinctes tant par leurs paysages que par leur gastronomie. J’ai eu le sentiment appréciable de vivre une succession de petits voyages plutôt qu’un unique périple. Il existe des zones communes bien sûr, notamment entre l’Argentine et le Chili, mais les régions andines que j’ai traversées conservaient chacune une singularité forte. Même à l’échelle du seul Chili, les contrastes sont saisissants : le nord et le sud constituent deux mondes incomparables. L’itinéraire conçu par Amplitudes, orienté du sud vers le nord, a sans doute accru ma perception de ces changements. Sur des déplacements plus horizontaux, peut-être peut-on moins saisir la richesse de ces strates.



Y a-t-il eu un moment, ou plusieurs, où vous vous êtes dit que ce voyage avait vraiment été pensé pour vous ?
Oui, absolument. Le voyage a parfaitement reflété l’approche « cousu main », ajustée à mes passions, que nous avions préparé avec ma conseillère voyage. L’agence sait, par exemple, que j’accorde de l’importance à la gastronomie locale et elle se montre affûtée à me personnaliser des expériences sur cette thématique. Je peux vous confier que l’on mange plutôt très bien dans ces trois pays, avec des saveurs bien plus subtiles que les clichés connus. Je me suis régalé tout au long du circuit. Je garde notamment un excellent souvenir de la table de mon premier hôtel au cœur de l’Atacama. Durant la croisière au Sud de la Patagonie, j’ai également senti les efforts qui avait été faits, c’était très correct. Sur l’île de Pâques, j’ai découvert une cuisine axée sur la fraîcheur, entre des poissons savoureux et des fruits exotiques incroyables. Enfin, le hasard du calendrier a voulu que je fête mon anniversaire à La Paz. L’agence a eu la délicate attention de m’inviter dans l’un des meilleurs restaurants de la ville pour clore ce périple et cette journée en beauté.


Un autre pilier de ce voyage sur-mesure résidait dans l’accompagnement des guides. Avec Amplitudes, j’ai toujours bénéficié de guides de qualité, ce qui est pour moi indispensable pour donner à de tels voyages leur réelle dimension. Ce voyage n’a pas fait exception. Mes interlocuteurs étaient toujours investis, favorisant les échanges mémorables. En voyageant seul avec eux, j’ai pu profiter d’une véritable exclusivité. Je percevais combien ils faisaient tout pour que je me sente bien. Même sur l’île de Pâques, où certaines visites se faisaient en petits groupes, mon expérience est restée intime et équilibrée avec des moments guidés en solo.
Si l’on feuilletait votre voyage comme un carnet, quelles grandes pages s’y découperaient ?
Des secteurs m’ont marqué par leur originalité et leur caractère exclusif, inatteignable, parfois extrême. Le premier temps fort a été la croisière au départ d’Ushuaia. Les sorties organisées par Australis en zodiac permettaient d’approcher des glaciers à couper le souffle, chacun possédant une beauté unique et une capacité, elle aussi unique, de nous laisser sans voix. Bien que je ne sois pas amateur de croisières classiques sur de gros navires, l’agence avait su me rassurer sur la dimension intimiste de cette expédition. J’ai d’ailleurs eu la chance de voyager sur un bateau à moitié vide, ce qui offrait encore plus de disponibilité pour échanger avec l’équipage, particulièrement sympathique. Parlant espagnol, j’ai pu nouer des liens naturels avec eux et nous avons même gardé contact.


La deuxième grande page, je dirais l’île de Pâques. Ce séjour a agi comme une démystification, au sens positif du terme. On aborde souvent ce lieu avec les mêmes interrogations que face aux pyramides d’Égypte, en ne pouvant imaginer que des interventions surnaturelles pour justifier ces énormes Moaï. La réalité est évidemment autre. Mes guides étaient passionnants et extrêmement bien documentés, m’expliquant que tout reposait sur l’ingéniosité humaine et une force physique hors norme. Ces bâtisseurs mesuraient souvent plus de deux mètres ! Leur processus de création, bien que brillant, était rude et il a coûté la vie à de nombreux ouvriers. J’apprécie ce retour au rationnel dans le récit. Cela permet de mieux saisir les modes de vie et la symbolique, laquelle est plus spirituelle que mystique. Chaque statue était le portrait d’un ancêtre méritant. Et l’île en elle-même est magnifique, avec des habitants d’une grande gentillesse. Les traditions y sont encore très vivaces. J’ai assisté à des spectacles de danses traditionnelles qui n’avaient rien de touristique ou de ridicule ; ce folklore fait réellement partie du quotidien des habitants. On est sur une île préservée, pas encore exagérément bétonnée, où le respect de la nature et des animaux sont aussi primordiaux, ce qui me parle beaucoup. Le flux touristique très spécifique que j’ai pu constater l’explique. Nombre de visiteurs arrivent le matin et repartent le soir par le second vol quotidien. D’où le nombre réduit d’hôtels et, résultat, dès la fin de l’après-midi, l’île retrouve son caractère paisible. Il est donc indispensable d’y séjourner. J’y suis resté trois nuits ce qui était suffisant.


Vient ensuite l’Atacama, dont les paysages ne ressemblent une nouvelle fois à rien de ce que j’avais connu. On évolue dans un univers minéral, rocailleux et aride, dont la dimension lunaire est encore différente de celle qu’a été Uyuni par la suite. J’y ai de très bons souvenirs. Faire du cheval dans ce désert est une expérience aussi simple que cinématographique. Cette étape du voyage était la plus exigeante physiquement, du fait de l’altitude importante. Conformément à mes attentes, la guide locale qui m’accompagnait, très sportive, ne m’a pas ménagé. Si elle était parfaitement acclimatée à l’altitude et au manque d’oxygène, j’ai pu également bien supporter ces conditions même si, bien sûr, j’appréciais le confort de l’hôtel le soir après les longues marches. L’Atacama offre une beauté peu explorée, plutôt hostile, ne comptant que quelques voies de circulation principales, le reste des pistes étant balisé par les seules traces des pneus des rares véhicules s’y aventurant. On pourrait se croire le premier à fouler chaque endroit.


Le quatrième et dernier grand temps fort fut sans conteste la traversée du Salar d’Uyuni.
La Travesía Explora Atacama – Uyuni est une expérience que nous évoquions dans notre magazine papier l’an dernier. Qu’est-ce qui, selon vous, la rend si particulière côté bolivien ?
Cette seconde partie du voyage, entre le nord du Chili et la Bolivie, partageait une logique de nature sauvage, presque hostile comme je le notais pour l’Atacama. En Bolivie, le salar d’Uyuni impose le respect et un accompagnement. Les guides ont malheureusement vu de nombreux voyageurs s’y étant aventurés seuls pour qui l’expérience s’est mal terminée.

Le lieu est impressionnant par son immensité, sa beauté et une originalité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Bien qu’il existe quelques autres salars dans le monde, aucun n’atteint cette dimension. J’étais sans voix face à une telle première confrontation. Tout y est spécial, à commencer par ce silence absolu, presque déstabilisant, qui donne l’impression d’évoluer dans un autre monde.
Ma traversée s’est déclinée sur quatre jours, rythmée par quatre étapes dans des refuges à l’architecture remarquable. Conçus pour s’intégrer au paysage sans dénaturer le site, ces logements revêtaient des allures de confortables vaisseaux de secours au cœur de ces lieux isolés. On s’y sent en sécurité, comme dans un cocon protecteur face à l’immensité, aux bruits inconnus et aux vents qui balayent le désert. Le contraste au soir, de pouvoir observer l’obscurité totale tomber derrière les baies vitrées avec un thé chaud constitue pour moi une véritable forme de luxe.

Le charme du voyage tient aussi à la logistique, notamment les imposants véhicules à chenilles capables de franchir la croûte de sel. Entre l’accueil chaleureux des équipes locales et le respect du milieu naturel, cette étape en Bolivie a été incroyable.
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On revient souvent sur les grands moments mais est-ce qu’il y a eu un moment plus discret, moins spectaculaire, qui vous est resté ?
Beaucoup. Mais pour son caractère imprévisible, je retiendrais une scène au Salar d’Uyuni. Mon guide, très imprégné des croyances locales, était aussi un passionné d’astronomie. Un soir après le dîner, il m’a proposé d’observer les étoiles. Là-bas, le ciel est connu pour sa pureté. Nous avons partagé un long moment, passionnant. Les constellations et leurs noms, issus de la mythologie andine, diffèrent totalement des nôtres. Il m’a fait part de sa conviction que cette zone, très magnétique en raison des nombreux volcans, était le théâtre de phénomènes inexpliqués.
Et nous avons effectivement vu quelque chose : un étrange ballet lumineux au-dessus d’un sommet. Trois points rouges ont entamé, durant une demi-heure, des mouvements d’une rapidité et d’une dynamique déconcertantes. Ce ne pouvaient être ni des drones, ni des avions. Bien que je sois de nature excessivement rationnelle et sceptique, j’avoue que ce spectacle était bluffant. Mon guide, lui, n’était pas surpris et avait sa théorie. Un instant, comme un voyage dans le voyage.
Avec le recul, à qui conseilleriez-vous ce type de grand voyage avec un accompagnement sur-mesure ?

Ce circuit s’adresse à des voyageurs solos ou des couples un minimum sportifs ou disposant au moins d’une bonne condition physique. Je déconseillerais d’y emmener des enfants. Le profil est celui de grands voyageurs, actifs, souhaitant réaliser ce périple tant qu’ils disposent de toute l’énergie nécessaire. La forme est un prérequis indispensable à chaque étape. Pour la croisière Australis, il faut pouvoir embarquer dans les zodiacs et marcher sur des terrains souvent glacés et glissants. Dans le désert d’Atacama ou à La Paz, l’altitude exige du souffle et un rythme cardiaque maîtrisé. Ce n’est pas un séjour de détente en resort mais une aventure qui se vit en permanence à l’extérieur. Enfin, il faut le souligner, ce ne sont pas les lieux les plus accessibles non plus en termes de budget.
Les photos ont été prises par le narrateur, Christian, lors de son voyage Argentine, Chili, Bolivie organisé par Amplitudes.


